Voyage au cœur de l’industrie solaire et du stockage en Chine

Du 18 au 25 avril 2026, Vanessa Dechamps a participé à une mission en Chine consacrée à deux fournisseurs stratégiques de la filière : Tongwei, présent sur toute la chaîne de valeur photovoltaïque, et Sungrow, spécialiste des onduleurs et des systèmes de stockage BESS. Des sites de Shuangliu, Meishan et Leshan à celui de Hefei, ce déplacement lui a permis de mesurer la puissance industrielle chinoise et d’en tirer des enseignements très concrets pour les achats et les futurs projets de Volta.

Quel était l’objectif de cette mission et quels sites avez-vous visités ?

Le voyage, organisé avec le distributeur POWR, devait nous permettre de rencontrer des fournisseurs stratégiques et de voir leurs outils industriels de près. Chez Tongwei, nous avons parcouru toute la chaîne photovoltaïque : le polysilicium, les cellules puis la fabrication des modules, sur les sites de Shuangliu, Meishan et Yongxiang à Leshan. Nous avons ensuite visité le site de Sungrow à Hefei, dans la province de l’Anhui, où sont regroupés le siège, la R&D ainsi que la production d’onduleurs et de systèmes de stockage. L’enjeu était de mieux comprendre les évolutions technologiques, les capacités de production et leurs conséquences sur notre chaîne d’approvisionnement.

Que retenez-vous de ces visites d’usines chinoises ?

D’abord, leur dimension. Les lignes produisent à un rythme difficile à imaginer tant qu’on ne l’a pas vu. Ensuite, le niveau d’automatisation : la production, les contrôles qualité et le suivi des données sont intégrés à chaque étape. Chez Tongwei, les usines fonctionnaient à environ 50 % de leur capacité, ce qui signifie qu’elles pourraient augmenter très rapidement leurs volumes. La propreté des sites, comparable à celle d’un environnement hospitalier, m’a également marquée. La standardisation est extrême et le taux de non-conformité reste inférieur à 0,5 %. Chez Sungrow, j’ai retrouvé cette même exigence industrielle, complétée par des moyens de test à l’échelle réelle et un effort de recherche considérable.

Cette visite a-t-elle changé votre regard sur la qualité des équipements et sur la relation avec les fournisseurs chinois ?

Elle a surtout confirmé que l’idée selon laquelle les produits chinois seraient par nature moins fiables ne correspond pas à ce que nous observons dans le photovoltaïque. Les process sont très maîtrisés et les contrôles sont permanents. La relation quotidienne est devenue fluide depuis que les grands fabricants disposent d’équipes commerciales et de services après-vente en France. Il faut néanmoins rester très rigoureux sur les clauses contractuelles, en particulier d’engagements ESG et sur les conditions de prix. La qualité industrielle n’enlève rien à la nécessité de sécuriser la relation fournisseur.

Quels enseignements en tirez-vous pour Volta et, plus largement, pour le marché européen ?

La Chine fournit environ 95 % du polysilicium mondial et fabrique 83 % des panneaux. À court terme, les alternatives européennes restent limitées. Nous devons donc sécuriser nos approvisionnements, diversifier autant que possible nos partenaires, défendre nos exigences ESG et suivre de près les évolutions réglementaires et géopolitiques. Le second enseignement concerne le stockage. Avec la progression des usages électriques, de l’intelligence artificielle et des data centers, les réseaux sont de plus en plus sollicités. Les systèmes BESS et les technologies grid-forming vont devenir essentiels pour intégrer une production renouvelable intermittente. Pour Volta, cela confirme la pertinence des projets hybrides associant solaire, stockage et pilotage intelligent qui forment désormais une majeure partie de notre pipeline. Pour l’Europe, cela pose aussi une question de souveraineté industrielle et de sécurité des approvisionnements.

Facebook
Twitter
LinkedIn