Acteur historique de l’éolien, le Groupe Volta poursuit une trajectoire de croissance sélective, ancrée dans les territoires et centrée sur la performance des actifs existants. Repowering, acquisitions ciblées, hybridation et stockage : dans cet entretien croisé, Benoît Duval, Directeur Général du Groupe Volta, et Damien Le Piouffle, Directeur du développement éolien, détaillent les choix stratégiques qui structurent le développement éolien du groupe pour les prochaines années.

Quelle place occupe aujourd’hui l’éolien dans la stratégie de développement du Groupe Volta ?
Benoît Duval

L’éolien fait partie des métiers historiques du groupe et demeure l’un de ses piliers. Depuis l’origine, nous avons développé une approche très ancrée dans les territoires, avec une attention particulière portée à la qualité des projets et à leur intégration locale.
Aujourd’hui, dans un contexte où les projets « greenfield » deviennent plus complexes et où l’acceptabilité sociale peut être plus fragile, nous sommes convaincus qu’il faut d’abord optimiser les parcs existants. C’est tout le sens de notre stratégie de repowering et, plus largement, d’optimisation des actifs : améliorer la performance des installations en place, repenser leur configuration, intégrer des solutions innovantes, plutôt que multiplier les nouveaux sites à tout prix.
Damien Le Piouffle

Pour nous, chaque parc est considéré comme un cas particulier. L’optimisation ne se résume pas à remplacer des machines : cela demande une approche sur mesure, projet par projet, en tenant compte des contraintes techniques, environnementales et territoriales. C’est précisément là que notre expérience et notre agilité font la différence.
En décembre dernier, Volta a acquis trois nouveaux projets éoliens auprès d’Alterric. Que représente cette opération pour le groupe ?
Damien Le Piouffle
Ces projets, situés en Bretagne et en Normandie, représentent un potentiel d’environ 30 MW. Ils sont autorisés mais n’ont pas encore trouvé leur équilibre pour entrer en construction. L’objectif est de leur donner une nouvelle impulsion, avec une approche différente, plus adaptée aux réalités locales et aux conditions économiques actuelles.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie de croissance sélective : nous privilégions des projets que nous connaissons bien, dans des territoires où nous sommes déjà implantés, plutôt que de chercher à grandir coûte que coûte.
Cette acquisition s’inscrit-elle dans une stratégie territoriale et industrielle particulière ?
Benoît Duval
Oui, les deux dimensions sont indissociables. D’un côté, il s’agit de renforcer notre présence dans des territoires où nous sommes déjà reconnus. La relation de confiance avec les acteurs locaux est un facteur déterminant pour faire aboutir les projets.
De l’autre, d’atteindre une taille critique qui nous permet de générer des synergies entre projets. Plus nous avons de projets sur un même territoire, plus nous pouvons mutualiser certaines étapes : commandes groupées, stratégies de développement communes, optimisation financière. Cela améliore la compétitivité et la robustesse de l’ensemble du portefeuille.
À quoi ressemble aujourd’hui le portefeuille éolien de Volta et quels sont vos objectifs à moyen terme ?
Benoît Duval
Nous disposons aujourd’hui d’environ 50 MW en exploitation et d’une centaine de mégawatts en développement, dont plusieurs projets de repowering. Notre objectif est d’atteindre entre 100 et 150 MW en exploitation dans les trois à cinq prochaines années. La majorité de ces projets se situent dans le Grand Ouest, qui constitue notre cœur de marché, même si nous restons attentifs aux opportunités sur d’autres territoires.

Quels sont les prochains jalons pour atteindre ces objectifs ?
Damien Le Piouffle
L’année qui s’ouvre est une année de transformation : nous arrivons au terme de nombreuses études et plusieurs projets vont entrer dans des phases décisives.
Concrètement, quatre dossiers doivent être déposés en instruction en 2026, dont trois opérations de repowering. Ce sont des étapes structurantes pour notre trajectoire de développement.
Au-delà de ces jalons techniques, l’enjeu sera aussi de sécuriser les conditions financières et industrielles qui permettront la réalisation de ces projets dans de bonnes conditions.
Comment les nouveaux enjeux du système électrique influencent-ils la conception de vos projets éoliens, notamment en matière de stockage ?
Damien Le Piouffle
Aujourd’hui, nous étudions systématiquement des solutions d’hybridation et de stockage pour nos projets éoliens, c’est devenu un réflexe de développement. Il faut pouvoir mieux gérer l’intermittence, optimiser l’injection sur le réseau et apporter de la flexibilité. Le stockage est une réponse naturelle à ces enjeux.
À moyen terme, ce sera probablement un standard. On ne raisonne plus seulement en termes de production, mais en solutions énergétiques complètes.
Benoît Duval
Dans cette logique, Volta a renforcé sa division stockage en 2025 pour accompagner l’ensemble de ses activités. Nous avons d’ailleurs obtenu une première autorisation d’urbanisme pour un projet éolien intégrant du stockage, preuve que ces modèles hybrides deviennent concrets.
Comment définiriez-vous aujourd’hui le positionnement de Volta dans l’éolien ?
Benoît Duval
Notre ambition est claire : devenir un acteur de référence dans le Grand Ouest, avec une croissance maîtrisée et des projets solides. Nous privilégions la qualité et la robustesse du portefeuille plutôt que la taille à tout prix. Notre agilité nous permet souvent de reprendre ou d’optimiser des projets que d’autres acteurs n’ont pas réussi à faire aboutir.