« Développer une énergie ancrée dans les territoires, à échelle humaine »: entretien avec Guillaume Bauduceau, Directeur du pôle Photovoltaïque au sol

Arrivé chez Volta à l’été 2025, Guillaume Bauduceau pilote aujourd’hui le développement de l’activité photovoltaïque au sol du Groupe. Un parcours singulier, nourri par plus de vingt ans d’engagement associatif en Afrique de l’Ouest, une solide expérience des collectivités territoriales et une conviction forte : la transition énergétique ne peut se faire qu’en lien étroit avec les territoires et les femmes et les hommes qui les font vivre.

Guillaume, quel a été votre parcours avant de rejoindre le Groupe Volta ?

Mon parcours est profondément marqué par une expérience fondatrice : à 19 ans, j’ai pris mon sac à dos et je suis parti en Afrique de l’Ouest. Ce voyage, d’abord au Burkina Faso puis au Togo, a littéralement réorienté ma trajectoire de vie. Depuis plus de vingt ans, je suis engagé auprès d’initiatives de développement rural au Togo : soutien à la scolarité, à des familles, à la formation locale.

À l’origine, j’étais plutôt destiné à un parcours classique en école de commerce. Cette expérience de terrain m’a fait prendre conscience que je voulais donner du sens à mon engagement professionnel. La transition a été assez brutale après avoir vécu dans des villages sans eau ni électricité mais j’ai repris mes études jusqu’à obtenir un master en management et développement durable.

J’ai ensuite rejoint les collectivités territoriales, où j’ai travaillé sur des projets très concrets : rénovation énergétique, mobilité, éclairage public, restauration collective, et bien sûr énergies renouvelables. C’est là que j’ai découvert le photovoltaïque, le bois-énergie, la méthanisation… et surtout le développement de projets au plus près des territoires.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre Volta ?

Après plusieurs expériences chez des développeurs ENR, je cherchais un projet qui me permette à la fois de structurer une activité, de m’inscrire dans une vision long terme et d’avoir une dimension managériale forte.

Volta m’a offert exactement cela : la possibilité de construire et développer l’activité photovoltaïque au sol, dans une logique maîtrisée, cohérente et profondément territoriale. J’ai été séduit par la culture de l’entreprise, son agilité et la confiance accordée très rapidement.

Quel est aujourd’hui votre rôle au sein du groupe ?

Mon rôle consiste à piloter l’ensemble de la chaîne de développement des projets photovoltaïques au sol : de leur origine jusqu’à l’obtention de toutes les autorisations nécessaires à la construction. L’enjeu principal est de constituer un portefeuille de projets équilibré, bien qualifié, afin de maximiser leur taux de transformation.

Cela implique une vision stratégique, mais aussi une présence très opérationnelle : nous travaillons aussi bien avec des collectivités qu’avec des acteurs privés. Mon expérience passée dans les collectivités me permet de parler leur langage et de comprendre leurs contraintes. Un chef de projet, dans ce métier, doit pouvoir dialoguer aussi bien avec un agriculteur qu’avec un préfet.

Comment voyez-vous le marché du photovoltaïque au sol aujourd’hui ?

Nous sommes dans une période complexe : instabilité politique, manque de visibilité réglementaire, accès au réseau… Cela oblige à changer de paradigme. Le modèle standardisé ne fonctionne plus.

Aujourd’hui, chaque projet doit être pensé sur mesure : autoconsommation individuelle ou collective, hybridation avec du stockage, intégration fine dans les territoires. C’est un exercice d’équilibre permanent entre attentes locales et viabilité économique.

Paradoxalement, cette période est aussi, il me semble, une opportunité. Structurer une activité dans un contexte contraint nous rendra plus résilients demain. Le solaire a toujours connu des cycles : se renforcer dans le creux de la vague permet d’être prêt lorsque les conditions s’améliorent.

Qu’est-ce qui vous anime le plus dans votre fonction ?

Deux choses essentielles.

D’abord, le fait de pouvoir être acteur de la stratégie du groupe et de contribuer concrètement à la transition énergétique. Ensuite, la dimension humaine et managériale. J’ai une approche très collaborative : mes équipes peuvent m’apprendre autant que je leur transmets. L’objectif est de créer un cadre où chacun peut développer pleinement son potentiel.

Dans le Groupe Volta, il y a une vraie culture de la confiance et de la reconnaissance. Les décisions sont prises de manière pragmatique, sans lourdeurs inutiles. Cette clarté est extrêmement précieuse au quotidien.

Vous êtes également très engagé à titre personnel. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Depuis plus de vingt ans, je soutiens plusieurs associations dont Asmerade Togo, qui œuvre pour le développement local au Togo. En parallèle, j’accompagne directement plusieurs familles, notamment pour la scolarité des enfants.

Avec l’association, nous portons actuellement un projet d’école de formation aux métiers du solaire à Lomé. L’objectif est de former des jeunes, de créer des passerelles avec les entreprises et de leur offrir de véritables perspectives.

Quelle est votre vision pour Volta à horizon cinq ans ?

Pour le pôle photovoltaïque au sol, l’ambition est claire : atteindre une maturité qui nous permette d’avoir, à horizon cinq ans, un cycle de développement stable, avec des projets prêts à construire de manière continue.

Plus largement, je vois Volta comme un acteur de référence de la transition énergétique, capable d’intervenir sur plusieurs segments (toiture, sol, éolien, autoconsommation, stockage) avec une approche agile, territoriale et profondément humaine.

Les défis énergétiques sont immenses. Mais c’est précisément pour cela que des entreprises comme Volta ont un rôle clé à jouer : accompagner cette transition de manière pragmatique, responsable et ancrée dans le réel.

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